Lundi 5 janvier 2026, quelque 500 Lavandouraines et Lavandourains étaient réunis à l’Espace culturel pour assister à la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux.
Le discours de Gil Bernardi, maire du Lavandou
Permettez-moi – au nom de l’équipe municipale – de vous remercier d’assister si nombreux à la traditionnelle présentation des vœux à la population Lavandouraine. C’est en effet une date importante que ce rassemblement de tous ceux qui s’intéressent et se passionnent pour la vie de la Cité des Dauphins ; même si j’ai pleinement conscience que la notoriété de l’orateur passe bien après la réputation du buffet que Le Lavandou propose à ses concitoyens – qui surclasse, de très loin, ceux qu’organisent les Villes comparables – ou du fameux calendrier remis à cette occasion que l’on réclame depuis des semaines. A moins que l’approche du Corso Fleuri soit la motivation du plus grand nombre… Ah, le Corso Fleuri !…
Quelle année !… Après les épreuves de Cavalière, 2025 s’est achevée par la violente tempête qui s’est abattue pendant une semaine sur nos côtes… pas seulement sur les nôtres, mais les rivages sablonneux du Lavandou présentent une particulière vulnérabilité puisqu’ils sont majoritairement exposés à l’Est… et que c’est le vent d’Est, justement, qui nous a fait des misères. Nous n’avions pas besoin de cela… mais c’est ainsi… Les dommages sont importants, et les réparations vont demander des semaines… Un nouveau caprice du ciel qui a mis en exergue, s’il était encore besoin, l’impérieuse nécessité de maintenir nos actions orientées vers l’adaptation aux changements climatiques. D’autant plus évident, après la catastrophe naturelle du 20 mai dernier que l’intensité des éléments tant au printemps, que ces derniers jours, a dépassé l’entendement. Et les avertissements répétés de la nature nous inclinent à nous préparer à encore pire ; en tout cas, à ne pas baisser la garde. Soyez rassurés, nous sommes mobilisés « H24 » comme on dit.
Une épreuve de plus pour ceux qui se dévouent sans compter pour Le Lavandou y compris pendant la période des fêtes. J’ai évoqué le personnel communal et celui des forces de sécurité venues épauler les Élus sur le terrain. Et au-delà du nouveau défi, dans le sillage du précédent, le constat que notre notion « d’ordre des priorités » était la bonne, qui se confirme dans la répétition des épisodes « calamiteux » : la situation du Lavandou en confront de mer dans cette frange mouvante du littoral en érosion, qui le rend d’autant plus vulnérable. Le bienfondé de la gestion prudente du trait de côte, le sens de la protection des champs de posidonies à Cavalière (observez les laisses de mer sur la plage de Saint-Clair, comme autant de pansements pour accélérer sa cicatrisation). La protection naturelle donc, après celle des populations, ou avec… cela va de soi, comme la défense des aménagements contre les vagues ; la « vision » d’un nécessaire recul stratégique à Saint-Clair et du corollaire de la relocalisation des stationnements, le déclenchement des études sur tant d’espaces littoraux fragiles et notamment la nécessaire protection de la promenade du Centre-Ville à Gouron et de son parapet qu’il nous faudra reconstruire… Le jargon parfois barbare des documents que nous élaborons avec les services de l’État – Stratégie locale de gestion intégrée du trait de côte, carte locale d’exposition, DSF, SNML… qui devient notre langage familier. Et le maintien des expérimentations telles que les pieux battus qui ont absorbé une partie des efforts des vagues déchaînées, jusqu’à céder… Pour lesquels il est permis d’estimer que ces défenses souples sont « mieux que rien » même si elles ne remplaceront jamais les bons vieux « épis » d’antan. Mais ça c’était avant ! Et qu’elles nous permettent d’expérimenter des parades, tout autant que de prendre le chemin de l’humilité face aux changements climatiques « géants » dont nous sommes les victimes. Dans un langage plus local, « ça craint ».
En tout cas, ces circonstances nous permettent de mieux mesurer le sens des priorités, du dévouement de ceux qui s’inquiètent, se soucient, se mobilisent et s’emploient sans compter, de jour comme de nuit, y compris durant la trêve des confiseurs… Que tous ceux qui y participent, qui s’y associent en soient remerciés. Et j’ai une pensée particulière pour ces conducteurs d’engins, volontaires, venus épauler nos Agents, pour délivrer l’avenue Bouvet de tonnes de sables et la sécuriser, sitôt l’épisode passé. Pour leur famille aussi, merci.
En ce sens, même si des tempêtes d’hiver, il n’y en a toujours eu, même si l’intensité et la dureté de ces dernières sont de moins en moins « exceptionnelles » car la répétition des aléas climatiques tend à les banaliser, il est permis de penser que leur fréquence ne fera que croître… Et que face à la montée des eaux, en prime, aucune réflexion, aucune proposition, aucune solution ne doit être écartée à priori sauf celle de déménager comme le font certaines villes côtières de l’océan Indien, bien entendu. De Jakarta à la jungle de Bornéo… C’est audacieux… (doux euphémisme) … Chez nous, la relocalisation devra attendre ! Un peu !
Et que ceux qui auraient encore des certitudes sur ce qui fonctionne et ce qui est vain, des vérités vraies en critique pure, regardent du côté d’un Grand hôtel à Cavalière : que se serait-il passé sans la pose des amortisseurs de houle ?… Et voilà que contre toute attente, deux jours seulement après ce déchainement de la mer, le sable est revenu ! C’est à y perdre son latin ! Les mêmes professeurs en herbe qui raillaient le récif artificiel de Cavalière Est, et qui compte-tenu de son efficacité avérée après 12 ans de recul, en réclament à présent un nouveau pour la plage en souffrance de Cavalière Ouest cette fois. Face à de tels enjeux, le thème imposé sera « ardeur et humilité » ; j’y travaille depuis 20 ans en cours du soir ; thèse, antithèse, et jamais de synthèse, je sèche toujours sur ma copie ! Heureusement, d’autres m’inspirent… Et le marégraphe de Marseille m’apaise…
2025 s’en est allée, avec ses épreuves. Espérons que 2026 soit plus clémente pour tous et soyons raisonnablement optimistes.
Hier à Cavalière, comme aujourd’hui sur la plage du Centre-Ville et à Gouron, où la promenade est fragilisée, nous sommes présents sur le terrain, pour déclencher et organiser les secours, nous retrousser les manches pour réparer les dégâts au plus vite et lutter pour défendre notre « Pays » et ses habitants.
Au-delà de l’âpreté du combat, de la rudesse des défis et de la fatigue qu’il en résulte ou du découragement qu’il faut chasser, parfois, ces revers ont révélé les bons côtés de notre petite société, tant dans la compassion que pour la solidarité et la mobilisation. Aucune autre ville n’aura fait montre d’élans pareils dans l’ampleur et la constance. Quelle admiration nous pouvons en éprouver !… Lire la suite du discours.
